La théorie de la longue traine, développé par Chris Anderson (dans un article de Wired puis dans un livre) et reprise par nombre d’adeptes mérite quelques précisions.
Pour en parler je me base sur le marché de la musique mais ces remarques restent valables pour d’autres secteurs comme les livres.
En préambule il est utile de rappeler que le marché de la musique a connu une mutation importante dans les années 80 avec l’apparition du CD en remplacement du vinyle.
Ce remplacement a occasionné dans un premier temps une baisse importante du nombre d’articles disponibles. Dans un second temps le nombre d’articles disponibles s’est envolé et l’offre en matière de fonds de catalogue est devenue pléthorique.
En même temps que cette offre grandissait les linéaires des magasins diminuaient.
En effet l’industrie du disque a privilégié le réseau de la grande distribution au détriment de disquaires spécialisés. Or les grandes surfaces ne sont pas intéressées par des produits à faible rotation (ce qui est bien évidement le cas du fonds de catalogue). Seules les chaines de distribution spécialisées (FNAC, Virgin essentiellement) diffusaient en partie ce fonds de catalogue. L’offre en rayon était donc sans commune mesure avec l’offre disponible sur catalogue.
Cette situation a permis a certains disquaires spécialisés de continuer à exister, ils se trouvaient dans des marchés de niche.
La demande en matière de fonds de catalogue existait bien, mais l’offre disponible en rayon n’y répondait pas.
D’autant plus que le nombre de disquaires spécialisés se réduisait chaque année.
D’autre part il est aussi utile de rappeler qu’à l’époque, la VPC de musique fonctionnait bien.
Le meilleur exemple est le Club Dial (un club d’achat créé par les acteurs principaux de l’industrie du disque pour vendre leurs produits en direct).
Un peu frileux le Club Dial n’est pas allé au bout de sa logique et ne diffusait qu’une partie des catalogues des majors. On se demande encore pourquoi.
L’avènement de la distribution via internet est donc venu pallier un manque en matière de distribution.
La demande et l’intérêt pour des produits différents du Top 50 existait déjà.
La longue traine pouvait commencer à se dessiner.

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